Je sais plus si j'ai mal ou si c'est l'habitude d'être toujours celle qui chiale et qui s'prend tous les murs. Je ne sais plus si je rêve encore ou si les songes mêmes sont morts. Je ne sais plus si je t'attends ou si je fais juste semblant. Je sais plus si je veux mourir ou si je veux croire toutes ces conneries que je me raconte pour dormir et sortir de mon lit . Je ne sais plus si je cicatrise ou si je pisse encore le sang, si je suis moi, si je me déguise..
Je ne sais plus si je suis foutue ou si je vis effrontément . Suis-je malheureuse ? Je ne sais même plus si je recule ou vais de l'avant . Je ne sais plus si c'est ta voix qui me donne la nausée au réveil ou si c'est le gris au dessus des toits.Et si c'est le gris c'est pas pareil. Je ne sais plus si j'ai peur ou si je ne crois plus en rien . Si mes larmes coulent sur ton c½ur, si mes rires brûlent dans tes mains . Je ne sais plus si c'est normal d'avoir le c½ur trop haut qui se soulève dans mes entrailles et bousille mon cerveau. Je ne sais plus si je suis trop moche ou si c'est ce foutu miroir qui me brise en morceaux et m'écorche l'estime et le regard . Je ne sais plus si sur ta langue il te reste un peu de mon amertume , si je coule ou si je tangue entre la mer et l'écume.
J'ai dans le coeur autant de noeuds que d'étoiles qui filent pour faire des voeux. Des fleurs qui fanent et qui renaissent des pluies de rêve, des nuits d'ivresse. J'ai dans les yeux autant de bleus que tout ce noir qu'on voit si peu. Des coups de blues un peu jazzy des mots qui sonnent en poésie. J'ai dans le coeur plus de rancoeur qu'il n'en faut pour haïr jusqu'à sa dernière heure. J'ai pour mon âme autant de soeurs que j'ai de larmes de joie et de bonheur. J'ai dans les mains autant de lignes que de destins qui me font signe. Une vie qui file entre mes doigts que je ne rattraperai pas.J'ai sous ma peau autant de tares que de délices dans ma mémoire. Des bouts de moi dont je suis fière et d'autres qui restent un mystère. J'ai sur le coeur autant d'offenses que de fautes sur la conscience. Des cris qui meurent entre mes dents d'autres qui pleurent lancinement. J'ai dans le souffle autant d'espoirs que de défauts dans mon miroir. Des ombres noircissent mes tableaux des idées noires hissent leur drapeau.